L’industrie automobile tourne une page. Entre le virage électrique imposé par les régulations et l’abandon progressif des moteurs à combustion, les amateurs de voitures de sport retiennent leur souffle. Et si la réponse venait de Grande-Bretagne ? La Lotus Emira se présente comme la dernière pure thermique de la marque de Hethel. Mais ce chant du cygne est-il à la hauteur de la légende ? Nous avons pris le volant pour vous.
Un design qui envoûte et assume son héritage
Dès les premiers regards, l’Emira frappe fort. Fini les angles abrupts des anciennes Lotus (comme l’Exige ou l’Evora), place à des lignes fluides et sensuelles. Ce sportive anglaise reprend les codes stylistiques de la supercar électrique Evija : des ouïes latérales imposantes, un capot nervuré, et des feux arrière en forme de « L » inversé.
Notre essai confirme que le design n’est pas qu’esthétique. Chaque creux, chaque ailette a été pensé pour le flux d’air. Résultat : une voiture qui colle au bitume sans avoir besoin d’un aileron énorme. Les jantes de 20 pouces, les porte-à-faux réduits et la largeur de caisse (1,89 m) lui donnent une présence de petite supercar. En rouge ou en jaune, elle ne passe jamais inaperçue.
À bord, l’habitacle surprend agréablement

Quand on pense Lotus, on pense souvent à un intérieur spartiate, voire rudimentaire. Avec l’Emira, la marque a fait des progrès immenses. L’habitacle est désormais un vrai endroit où l’on a envie de vivre. On trouve du cuir Nappa, de l’Alcantara, et des surfaces capitonnées. Les sièges baquets (signés Sparco) sont confortables même après deux heures de route.
L’écran central de 10,25 pouces gère la navigation et la musique, tandis qu’un second écran de 12,3 pouces sert d’instrumentation. Il y a même… des rangements ! Deux porte-gobelets et un filet à portables. Une révolution pour Lotus. Certes, la finition n’atteint pas le niveau d’une Porsche 718 Cayman, mais on est à des années-lumière des anciennes séries. Le volant, petit et épais, tombe parfaitement sous les mains. Cliquez ici pour plus de détails.
Le moteur : un V6 ou un 4 cylindres, deux caractères distincts
Sous le capot arrière, l’Emira offre deux choix mécaniques, et c’est là que le plaisir commence. D’un côté, le V6 3,5 litres suralimenté par Toyota (le célèbre 2GR-FE), poussé à 405 ch et 430 Nm de couple. Accouplé à une boîte mécanique à 6 rapports, c’est un hommage aux vieilles écoles : les relances sont charnues, le bruit est rauque et métallique.
De l’autre côté, le 4 cylindres 2,0 litres développé par Mercedes-AMG (360 ch). Celui-ci est plus léger, plus moderne, et associé à une boîte automatique double-embrayage. Au volant, lequel choisir ? Le V6 offre une âme et des sensations brutes. Il hurle au-delà de 6 000 tours et vous colle au siège. Le 4 cylindres, lui, est plus linéaire mais presque aussi rageur, avec l’avantage d’un poids contenu sous 1 400 kg.
Au volant, la magie opère toujours
Mais une vraie Lotus se juge à la conduite, pas sur une fiche technique. Sur route sinueuse, l’Emira est une fusée. Grâce au châssis en aluminium collé (l’expertise maison) et à la suspension double triangulation, la voiture est d’une précision chirurgicale. Le train avant mord à la corde sans broncher, le train arrière suit comme une ombre, et l’assistance de direction hydraulique (oui, hydraulique !) offre un feeling que plus aucune électrique ne peut égaler.
L’absence de moteur électrique et de lourdes batteries se ressent immédiatement. La voiture pivote autour de vous, boit les courbes, et vous pardonne presque les petites erreurs de pilotage. Sur circuit, c’est un régal. Sur route ouverte, on reste sous les 3 000 tr/min pour ne pas éveiller les voisins, mais l’envie de pousser le V6 est constante. Les freins (signés AP Racing) mordent fort et ne faiblissent pas.
